On vous avait pourtant prévenus...
Voilà typiquement le genre de daube que l'on peut flairer à des kilomètres. Non content d'adapter un guide pratique sur la grossesse (oui, ils ont osé) pour exploiter le filon du film choral niaiseux et inoffensif (Valentine's Day pour la Saint-Valentin, Happy New Year pour le Nouvel An, Lépreux's Day pour la journée mondiale de la lèpre bientôt sur vos écrans), Ce qui vous attend... se paie également le luxe d'afficher la présence de Jennifer Lopez au casting. Et J-Lo, c'est quand même le genre d'actrice qui présente de grosses garanties quand il s'agit de présumer de la (non) qualité d'un film.
Comment, dans ces conditions, ai-je pu me retrouver à une projection de ce qui s'annonçait être un navet intersidéral ? La réponse assez simple : deux collègues de travail directement concernées par le sujet m'annoncent leur intention de subir cette purge, et après quelques tergiversations, je me décide à les accompagner en me disant que ça pouvait être marrant de voir ce truc tout pourri. Le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu.
La stratégie de l'échec
Ce qui vous attend... est absolument fascinant dans sa manière d'organiser méthodiquement, et pourtant de manière totalement involontaire, son propre sabordage. C'est simple, ils auraient voulu faire un film aussi raté qu'ils n'y seraient pas arrivés.
Commençons par le chapelet de clichés qui sert de trame scénaristique (si on peut appeler ça un scénario). Voyons voir, qu'est-ce qu'on pourrait bien retrouver dans un film qui parle de la maternité ? Un couple qui galère pour avoir un enfant ? Check. Une femme que la grossesse a tendance à rendre légèrement hystérique ? Check. Une post-ado enceinte malgré elle après une galipette de trop sur le capot d'une voiture (pour elle, par contre, ça marche du premier coup) ? Check. Et en bonus, on vous offre le couple de bourgeois américain qui part en Ethiopie adopter un adorable petit noir. Ce film ne recule devant aucun stéréotype, le tout avec des personnages si peu caractérisés qu'ils en deviennent presque interchangeables.
Rire et guimauve
Mais à la rigueur, on s'en fout un peu, on n'est pas venu pour une étude sociologique. Ce qui vous attend... est avant tout une comédie ! De ce côté-là, le ton est donné d'entrée de jeu, puisque le premier effet consiste à voir Cameron Diaz gerber dans un trophée : autant dire qu'on part sur des bases très élevées. Ce n'est là que la première fusée d'un feu d'artifice scatologique où se mêlent pet, rot, pipi et caca (c'est bon, ils sont tous là). Bon, je suis un peu de mauvaise foi, il n'y a pas que ça non plus... mais il faut dire que la relative vulgarité de ce film est forcément plus voyante quand elle surgit entre deux élans de mièvrerie. Car, comme on pouvait s'en douter, la morale de l'histoire, c'est qu'il n'y a rien de plus beau qu'être parents. Voilà, voilà, vous pouvez rentrer chez vous, maintenant, et méditer là-dessus.
Ce qui vous attend... m'aura quand même convaincu que la nullité au cinéma pouvait être captivante quand elle était aussi radicale, ce qui n'est déjà pas si mal pour un film affichant si peu d'ambition. Et il y a même une vanne VRAIMENT drôle au début. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer de rien.
Quant à mes collègues, je dois avouer une certaine fébrilité au moment d'entendre leurs commentaires à la sortie de la salle. En fait, elles ont trouvé ça très mauvais, elles aussi. C'est bon, je peux encore leur parler.


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