mardi 3 juillet 2012

La Clinique de l'Amour



 Maîtresses et patients

Avec son titre affligeant et ses personnages affublés de prénoms américains ringards, ce projet partait avec un capital-sympathie bien supérieur à la moyenne. La Clinique de l'Amour se veut en effet être une parodie des soap-operas hospitaliers, qui revendique pour référence la grande tradition des ZAZ (série des Y-a-t-il...). La séquence d'exposition est d'ailleurs franchement prometteuse : Priscilla, une ravissante infirmière, se marie avec le chirurgien Michael Marshall, au grand détriment du frère de ce dernier, John, qui en est depuis toujours secrètement amoureux (de Priscilla, pas de son frère). Alors que John s'exile au Canada par dépit, l'arrivée à la clinique de Samantha, séductrice avide de pouvoir et d'argent, ne laisse pas Michael indifférent. Une intrigue digne des meilleurs moments de Nous Deux qui laisse espérer un film jubilatoire. Hélas...

 
Amour, gloire, et raté

Réussir une parodie n'est pas chose aisée : être trop respectueux de son sujet, c'est oublier de le tourner en dérision ; prendre trop de distance avec celui-ci, c'est manquer de pertinence. La Clinique de l'Amour n'est pas dans un de ces extrêmes, il est carrément dans les deux à la fois. Le film accorde ainsi une importance démesurée à un scénario rocambolesque dont on se contrefout - à tel point que l'on se demande parfois s'ils n'ont pas VRAIMENT pris ça au sérieux - mais  n'hésite pas pour autant à partir dans un délire mettant en scène l'amitié d'un des personnages avec un ours (oui, l'ours de l'affiche) sans que l'on ne comprenne bien ce que cela vient faire là. Cette improbable mécanique ne fonctionne pas et, plus gênant encore, oublie trop souvent de faire rire.


Fail anatomy

On pardonnerait volontiers à La Clinique de l'Amour ce positionnement foireux s'il se montrait un peu plus généreux dans son humour. Sauf que les auteurs ont visiblement eu si peu d'inspiration qu'ils semblent s'être résignés à recycler les mêmes effets d'une scène sur l'autre. Manque de bol, ça finit par se voir. Et cette propension à user du running gag paraît un peu trop systématique pour ne pas dissimuler une écriture paresseuse, qui se contente du minimum syndical.

Revoyez plutôt l'excellent sketch des Inconnus ("quoi, à l'hôpital Velpeau ?"), vous y rirez plus en cinq minutes que pendant l'heure et demie ce long métrage poussif.


Navet-métrie :

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