dimanche 1 juillet 2012

Adieu Berthe, l'enterrement de mémé



Le traquenard du samedi soir

Le diable est dans les détails. A la base, j'étais parti pour voir l'Age de Glace 4. Oui mais voilà, j'avais oublié mes lunettes 3D à la maison. Bien décidé à ne pas subventionner d'un euro supplémentaire cette hérésie qu'est le cinéma en 3D, je me rabats finalement sur Adieu Berthe, qui avait bénéficié d'un accueil critique plutôt favorable. Autant dire que je n'étais pas préparé à l'expérience que je m'apprêtais à vivre. Et pourtant...

Grosso modo, le samedi soir, la fréquentation des cinémas se distingue en trois catégories : les familles venues voir le film d'animation du moment, les bobos en pèlerinage pour le Woody Allen annuel, et les ados qui sont là pour nourrir leur culture cinéphile du dernier Michael Bay entre deux pelletées de pop corn. Mais en cette salle n°9 où était projeté Adieu Berthe, point de famille, ni de bobo, et encore moins d'ado à pop corn. Des vieux, rien que des vieux. Je devais dès lors me rendre à l'évidence : la porte de la salle n°9 était en fait une faille spatio-temporelle vers un monde parallèle où des vieux viennent voir des films de vieux. Je n'ai pas trouvé la force de fuir à ce moment précis, la suite allait me le faire regretter.

 
On doit pas avoir le même sens de l'humour...

Pour la faire courte, Adieu Berthe, c'est l'histoire d'un type qui a érigé l'indécision en art de vivre et qui doit organiser les obsèques d'une grand-mère qu'il avait depuis longtemps oubliée. Croyez-le ou non, mais ils ont réussi à bricoler un film sur ce pitch. Un film très chiant, mais un film quand même : ils en ont même fait une comédie ! Enfin ça, c'est ce qu'ils disent sûrement dans le dossier de presse, parce que pour ma part, je cherche encore ce qu'il y a de drôle dans ce film.

Pour vous situer un peu le niveau, je ne résiste pas à l'envie de vous proposer un petit jeu. Trouvez la réplique d'une petite fille qui vient après la ligne de dialogue suivante :

 " Je dois y aller, il faut que je m'occupe des pompes funèbres".

 Réponse : "c'est quoi les pompes funèbres, une marque de chaussure ?"


7 lettres : laxatif

Oui, c'est pas drôle. Mais les vieux dans la salle, ça avait l'air de bien les faire rire, eux ! C'est alors que mon esprit a fait le lien avec un monument du paysage audiovisuel français, j'ai nommé des Chiffres et des Lettres. Pour ceux à qui il n'est jamais arrivé de regarder cette émission, le trio Laurent Romejko / Betrand Renard / Arielle Boulin-Prat y rivalise d'imagination pour placer ses vannes en carton entre deux tirages, sous les applaudissements d'un public tout droit sorti d'une maison de retraite. Le tout encadré par des pubs vantant les mérites des pompes funèbres et des conventions-obsèques.  


Pompes funèbres, humour moisi, public du troisième âge... Tous les éléments du puzzle étaient en place : Adieu Berthe est en fait une adaptation en loucedé des Chiffres et des Lettres. Une fois cette imposture démasquée, j'ai pu quitter la salle sans regret - après 50 minutes de souffrance tout de même - et revenir dans le monde réel.


Navet-métrie :

1 commentaire:

  1. J'ai fais de la résistance pour ne pas aller le voir...j'ai gagné! On est aller voir Prometheus, bon meme si c'est pas le film de l'année, vu ta critique de Berthe aux grands pieds, j'ai l'impression d'avoir gagné au change!

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